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ATHLÈTE INSPIRANTE AVRIL 2026 : SANDRA BOUCHARD

Sandra Bouchard : retrouver son élan, une longueur à la fois

8 mai 2026

Tous les parcours ne se mesurent pas en vitesse ou en résultats. Certains marquent surtout par ce qu’ils racontent du courage, de la persévérance et de la volonté de recommencer. C’est ce qui ressort lorsqu’on écoute Sandra Bouchard parler de sa place au sein du groupe des maitres du club Les Loups-Marins de Rivière-du-Loup (LMRL). Récipiendaire du prix Inspiration au dernier gala des maitres, elle rappelle que la natation peut être bien plus qu’un sport : elle peut devenir un point d’ancrage, une façon de se reconstruire, de retrouver confiance et de redécouvrir ce dont on se croyait peut-être incapable.

Pour Sandra, la natation n’est pas une découverte récente, mais un retour à quelque chose qu’elle connaissait déjà. Elle a grandi dans l’eau, a suivi le parcours de la Croix-Rouge et est devenue sauveteuse à l’adolescence. Puis, la vie l’a amenée ailleurs et elle s’est éloignée de la natation. À 22 ans, elle reçoit un diagnostic de sclérose en plaques, et sa santé prend peu à peu une place plus importante dans sa vie. Des années plus tard, à la suite d’une poussée particulièrement importante qui l’oblige à arrêter complètement de travailler, elle se retrouve dans une période de grande remise en question. C’est dans ce contexte, il y a trois ans, qu’elle choisit de revenir à l’eau.

Revenir à l’eau, retrouver plus que la forme

Quand Sandra recommence à nager, elle ne cherche pas la performance. Elle cherche surtout une façon de bouger, de reprendre des forces et de retrouver un cadre dans lequel avancer. La sclérose en plaques continue de faire partie de son quotidien et elle parle notamment de la fatigue importante qui l’accompagne encore, de certaines journées plus difficiles, et du fait qu’à une certaine période, même marcher était devenu beaucoup plus compliqué. Dans ses mots, le changement est profond. « C’est le jour puis la nuit », résume-t-elle en parlant de ce que la natation a transformé dans sa vie.

Ce retour a eu un impact réel sur sa condition physique, bien sûr, mais aussi sur son moral, son énergie et son sentiment de contrôle sur sa vie. Elle raconte que la natation lui a redonné une raison, une structure, une équipe autour d’elle. Elle lui a offert une nouvelle façon de se dépasser à un moment où elle avait l’impression d’avoir perdu un repère important. « Je sentais que je faisais partie de quelque chose encore », dit-elle. C’est peut-être ce qui touche le plus dans son récit : la natation ne lui a pas seulement permis de se remettre en mouvement, elle lui a permis de retrouver un élan.

Une équipe qui change tout

S’il y a un élément qui revient constamment dans ses mots, c’est le rôle immense joué par le club des Loups-Marins. Sandra raconte qu’au moment de revenir à la natation, elle avait des appréhensions. Elle ne se sentait pas particulièrement en forme, craignait de ne pas suivre et ne savait pas vraiment quelle place elle pourrait prendre dans un groupe de maitres. Ce qu’elle a trouvé en arrivant au club a pourtant tout changé : une équipe qui l’a accueillie sans réserve. « On m’a accueillie à bras ouverts », dit-elle. « J’ai découvert une communauté. »

Elle parle avec beaucoup d’émotion de Jessie Côté, son entraîneure, et du regard qu’elle pose sur les nageuses et nageurs. Jessie, de son côté, décrit Sandra comme une présence profondément précieuse dans le groupe : « Malgré les hauts et les bas de son état physique, elle arrive toujours aux entraînements et aux compétitions avec motivation, courage et le sourire. Elle est un véritable coup de cœur et un immense rayon de soleil au sein du groupe. Sa présence apporte du bonheur et surtout de précieux moments de fou rire. C’est un vrai privilège de la côtoyer et je suis extrêmement fière d’elle. »

À travers cette citation, on comprend encore mieux ce que Sandra apporte au club. Son parcours inspire, bien sûr, mais sa façon d’être y est aussi pour beaucoup. Dans un sport où l’on pourrait facilement s’arrêter aux temps et aux résultats, elle rappelle que l’énergie d’une personne, sa générosité et sa manière d’être présente pour les autres peuvent marquer tout autant.

Prendre sa place, une course à la fois

Lorsque Sandra commence à compétitionner, elle ne le fait pas avec la certitude d’être à sa place. Au contraire. Elle raconte ses premières expériences avec beaucoup d’humilité, et même un certain étonnement de se retrouver dans cet univers. Au départ, après une première compétition difficile, elle se dit qu’elle ne recommencera plus jamais. Puis elle y retourne. Et encore. Et finit par embarquer pleinement dans la saison, jusqu’à prendre la décision de participer  aux Championnats canadiens à la fin mai. Aujourd’hui, elle parle même déjà de participer aux Championnats du monde des maitres à Budapest avec sa gang en 2027.

Ce qui rend son parcours particulièrement touchant, c’est l’humilité avec laquelle elle le regarde encore aujourd’hui. Elle admire profondément ses coéquipières et coéquipiers, leur discipline, leur constance, leurs résultats. Elle a parfois du mal à se voir elle-même comme une athlète au même titre qu’eux. Pourtant, c’est exactement ce qu’elle est devenue. « J’ai appris que j’étais capable », dit-elle. « Capable d’être une athlète que je ne pensais jamais que je serais. »

La persévérance au quotidien

Sandra ne présente jamais son parcours comme un exploit spectaculaire. Elle parle plutôt de persévérance. Du fait d’aller s’entrainer, encore et encore, même quand ce n’est pas simple. Elle raconte les réveils très tôt, la fatigue, les matins où l’énergie n’est pas au rendez-vous, les fins de semaine de compétitions plus exigeantes physiquement. Elle parle aussi avec beaucoup de franchise du fait que certaines journées sont plus lourdes que d’autres. Mais elle continue. Et c’est précisément cette constance qui semble avoir inspiré les gens autour d’elle.

Quand on lui demande pourquoi, selon elle, son club a voulu souligner son parcours en soumettant sa candidature au dernier gala des maitres, elle avance l’idée que c’est peut-être justement cette persévérance qu’on a vue chez elle : le fait d’y aller malgré les embûches, de continuer à progresser étape par étape, de rester présente et engagée dans le groupe. Elle le dit avec beaucoup d’humilité, parce qu’elle voit autour d’elle tellement d’autres nageuses et nageurs qu’elle admire. Mais cette modestie fait aussi partie de ce qui la rend inspirante.

Une fierté qui dépasse la natation

Quand Sandra parle de ce dont elle est le plus fière, elle ne nomme pas d’abord une course ou un résultat. Elle parle plutôt de l’exemple qu’elle donne à ses enfants. Elle parle du fait de montrer qu’on peut partir de loin, traverser des périodes difficiles, puis continuer d’avancer. Que l’on peut changer, persévérer et se remettre en mouvement, même quand ce n’est pas facile. Cette fierté-là revient souvent dans ses mots. Elle s’exprime avec simplicité, mais elle donne toute sa force à son parcours.

Elle parle aussi avec beaucoup d’émotion du prix reçu au gala. Non pas parce qu’elle cherchait une reconnaissance, mais parce qu’elle a été profondément touchée de sentir que son club, sa coach et ses coéquipières et coéquipiers voyaient quelque chose d’inspirant dans sa façon d’être là, d’essayer, de ne pas lâcher. Pour elle, cela compte énormément. Et cela dit beaucoup, aussi, du genre de milieu que forment les maitres du LMRL.

La force des Loups-Marins

Sandra décrit son club comme un groupe profondément accueillant, ouvert et humain. Un groupe composé de personnes très différentes, mais capables de s’encourager sincèrement. Dans les couloirs, dans les compétitions, dans les relais, elle sent qu’on veut la faire avancer avec les autres, pas à part des autres. Elle raconte à quel point cette générosité continue de la surprendre. « Juste à cause de ça, je pense que je ne lâcherai jamais », dit-elle. Et la phrase en dit long.

Sandra sait très bien à quoi ressemble l’hésitation de celles et ceux qui pensent à essayer la natation des maitres sans trop savoir s’ils auront leur place. La peur de ne pas suivre, de ne pas être à la hauteur ou de se comparer aux autres, elle l’a connue elle aussi. Son parcours rappelle pourtant qu’il suffit parfois d’oser ce premier pas pour découvrir un milieu capable d’accueillir, de soutenir et de donner envie de continuer.

Une athlète inspirante par sa force tranquille

Le parcours de Sandra Bouchard n’est pas inspirant parce qu’il est spectaculaire. Il l’est parce qu’il est profondément humain. Parce qu’il parle d’efforts patients, de courage quotidien, de recommencements et de cette détermination à continuer, même lorsque le corps ou l’énergie ne suivent pas toujours comme on le voudrait.

Sandra rappelle qu’il n’est jamais trop tard pour revenir à l’eau, pour essayer, pour se surprendre soi-même. Elle rappelle aussi qu’un club peut changer bien plus qu’une forme physique. Il peut redonner confiance. Il peut offrir une équipe. Il peut devenir un lieu où l’on se sent à sa place.

Et c’est peut-être cela, au fond, qui rend son parcours si inspirant : cette façon de montrer qu’on peut avancer sans avoir besoin d’être parfaite, performer sans avoir besoin d’être la meilleure, et retrouver son élan, une longueur à la fois.

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