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ATHLÈTE INSPIRANTE MARS 2026 : ARIANNA HUNSICKER

Arianna Hunsicker : quand l’équilibre ouvre de nouvelles perspectives

8 avril 2026

Paranageuse de haut niveau, Arianna Hunsicker poursuit depuis plusieurs années un parcours d’excellence au sein de l’équipe nationale canadienne. Installée à Montréal depuis 2021 pour s’entrainer au Centre de haute performance, elle a participé à trois Championnats du monde et aux Jeux paralympiques de Paris. Mais si son parcours impressionne dans l’eau, c’est aussi ce qu’il raconte à l’extérieur du bassin qui inspire. Récemment choisie comme créatrice de contenu pour le Comité paralympique canadien pendant les Jeux paralympiques de Milan, elle a découvert une autre manière de vivre le sport de haut niveau, sans jamais perdre de vue sa passion pour la natation.

Originaire de Vancouver, Arianna nage depuis toujours ou presque. Elle a commencé la natation compétitive vers l’âge de 12 ans, avant de faire un choix déterminant à la fin du secondaire : quitter sa ville et ses repères pour venir s’installer seule à Montréal. Ce déménagement, elle ne le présente pas comme un détail. Arriver jeune dans un nouvel environnement, sans famille sur place, dans une province où la langue est différente, demandait du courage. Avec le temps, elle a trouvé sa place, et elle parle aujourd’hui avec gratitude de la communauté qui s’est formée autour d’elle, des gens qui l’entourent et du soutien reçu depuis son arrivée.

Une athlète de haut niveau, et bien plus encore

Dès sa première année à Montréal, Arianna a été nommée sur sa première équipe nationale. « J’ai toujours eu comme objectif de faire partie de l’équipe nationale », dit-elle. Aujourd’hui, elle poursuit ce parcours avec une perspective différente : elle sent qu’elle nage avant tout parce qu’elle aime ce sport et parce qu’il apporte quelque chose de positif à sa vie.

Lorsqu’elle parle de son cheminement, Arianna ne se définit pas uniquement par ses résultats. Elle évolue à un niveau impressionnant, bien sûr, mais ce qui ressort surtout, c’est la manière dont elle a appris à vivre le haut niveau avec plus de recul et plus de plaisir.

Vivre les Jeux autrement

C’est précisément ce regard plus large qui l’a menée vers l’expérience de Milan. Après Paris, Arianna a ressenti le besoin de réévaluer certaines choses. Les mois précédant les Jeux avaient été particulièrement difficiles, entre autres, en raison de la fermeture de la piscine à Montréal et de tout ce que cela entrainait sur le plan de l’horaire et de la logistique. Elle raconte être arrivée à Paris épuisée par une période où tout tournait presque exclusivement autour de la natation. C’est à ce moment-là qu’elle a commencé à chercher un meilleur équilibre.

Cette réflexion l’a menée à travailler plusieurs mois dans le domaine des médias sociaux, puis à poser sa candidature pour un poste de créatrice de contenu au Comité paralympique canadien. Dans le cadre du processus de sélection, elle a notamment dû réaliser une vidéo de type day in the life. Le timing tombait à point : elle se trouvait alors en Thaïlande, au camp préparatoire précédant les Championnats du monde. Arianna y voyait un contexte idéal pour relever ce défi. Mais ce qu’elle retient surtout, c’est l’esprit d’équipe qui a entouré cette étape du processus. « Toute l’équipe a embarqué avec moi », raconte-t-elle. « Tout le monde apparaissait dans les clips. » Cette collaboration spontanée en dit long sur l’ambiance qui règne dans son environnement, mais aussi sur sa capacité à rallier les gens autour d’un projet.

L’envers du décor

À Milan, Arianna a découvert une réalité que les athlètes voient rarement d’aussi près : tout ce qui se passe derrière les performances. Elle travaillait avec l’équipe marketing et communications, et s’est retrouvée affectée au village de Milan, où le para hockey sur glace était le seul sport représenté. Cela signifiait beaucoup d’autonomie puisque, sur place, elle était seule pour couvrir ce groupe. Elle collaborait tout de même à distance avec une équipe plus large répartie dans d’autres sites, avec laquelle elle produisait du contenu et contribuait à une opération beaucoup plus vaste.

Ce qui l’a le plus frappée, c’est l’ampleur du travail invisible. « Les athlètes ne réalisent pas à quel point il se passe de choses en arrière-scène », dit-elle. « Le personnel rend tout si fluide qu’on a l’impression que tout est simple, mais en réalité, les gens travaillent énormément. » Elle parle avec beaucoup d’admiration de l’équipe qui l’entourait.

L’expérience a aussi été marquante sur le plan du rayonnement. Les contenus diffusés pendant les Jeux ont généré un engagement exceptionnel sur les plateformes du Comité paralympique canadien, avec des millions de vues sur certaines vidéos et plus d’interactions en deux mois que pendant les deux années précédentes. Pour Arianna, c’est la preuve qu’il existe un réel intérêt pour le sport paralympique et pour les histoires qu’on y trouve.

Le regard d’une athlète

Le fait d’être elle-même athlète a profondément teinté sa manière d’occuper ce rôle. Au contact de l’équipe canadienne de para hockey sur glace, elle a tout de suite senti que le lien se créait naturellement. Elle comprenait leur réalité, leurs émotions, leur niveau de stress, et cela changeait la qualité des échanges. « Je pense que ça rendait les entrevues meilleures, parce qu’il y avait une compréhension mutuelle », dit-elle. « J’avais déjà vécu ce genre de moments. »

Cette compréhension nourrissait aussi son empathie. Après des matchs chargés émotionnellement, elle savait ce que pouvait représenter le fait de devoir répondre à des questions, de gérer une déception ou de se montrer disponible. Son vécu sur la scène internationale lui permettait d’aborder les athlètes avec une sensibilité particulière. C’est l’un des éléments les plus intéressants de son expérience : elle n’était pas seulement une créatrice de contenu présente aux Jeux, elle était une athlète racontant d’autres athlètes, de l’intérieur.

Une expérience qui lui ressemble

À l’entendre parler de Milan, on comprend rapidement qu’elle s’est sentie à sa place dans ce rôle. Arianna aime aller vers les gens. Elle le dit elle-même : ce qu’elle a préféré, ce sont les entrevues. « J’adore être sociale, apprendre à connaître les gens, raconter les parcours et les histoires des athlètes », explique-t-elle. « J’aimerais interviewer plus souvent. »

Ce n’était pas non plus un intérêt complètement nouveau pour elle. Arianna s’intéresse déjà à la création de contenu sur ses propres plateformes. Elle aime le montage vidéo et apprécie la part de créativité que cela demande. Mais à Milan, cet intérêt a pris une autre dimension. L’expérience lui a permis de voir plus clairement à quel point ce type de rôle rejoint sa personnalité : spontanée, sociale, curieuse et profondément connectée aux autres.

L’équilibre comme moteur

Le véritable cœur de son message se trouve là. Pour Arianna, l’équilibre n’est pas un compromis. Ce n’est pas une façon d’en faire moins, ni de moins s’investir. C’est une façon de mieux vivre le sport, de l’aimer davantage. « Mon plus grand conseil, ce serait de poursuivre plusieurs intérêts à la fois », dit-elle. « Ce n’est pas nécessaire d’être défini par une seule chose. »

Sa réflexion est particulièrement intéressante parce qu’elle ne se limite pas à parler de concilier le sport et les études ou de préparer un plan d’après-carrière. Elle parle plus largement du fait d’élargir son horizon, de cultiver d’autres intérêts, de nourrir d’autres passions, d’avoir d’autres éléments dans sa vie pour ne pas être complètement absorbée par le sport.

Pour elle, cette balance est non seulement bonne pour le bien-être, mais aussi pour la performance. Elle donne d’ailleurs un exemple très parlant : l’an dernier, alors qu’elle a nagé moins que jamais dans toute sa carrière, elle a tout de même participé aux Championnats du monde et remporté une médaille. « Ça montre qu’on n’a pas besoin d’en faire toujours plus », dit-elle. « Il faut surtout mieux faire les choses et avoir d’autres éléments dans sa vie. »

Préparer l’après, sans quitter le présent

Ce qui rend son discours particulièrement fort, c’est qu’il ne vient pas d’un recul par rapport au sport. Arianna ne parle pas d’après comme si la natation appartenait déjà au passé. Au contraire, elle poursuit pleinement sa préparation vers les Jeux de Los Angeles et reste profondément investie dans sa carrière. Elle étudie maintenant à temps plein et explore de nouvelles avenues professionnelles, mais elle continue aussi de s’entrainer avec sérieux. Elle le dit très clairement : « C’est excitant de vivre toutes sortes d’expériences, mais il n’y a rien que j’aime plus que d’être chez moi et de me présenter à l’entrainement. Mon amour pour la natation est toujours là. »

Le parcours d’Arianna Hunsicker rappelle qu’on peut viser très haut sans se laisser enfermer dans une seule identité. On peut être une athlète d’élite, une étudiante, une personne ambitieuse, quelqu’un qui ose prendre des risques, explorer et élargir ses horizons. Et c’est sans doute là que son histoire devient particulièrement inspirante : dans cette manière de montrer que l’équilibre ne freine pas la passion. Il peut au contraire lui donner encore plus de souffle.

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